Voila un petit récit sur un stage de mise en garde organiser par le comité régional PACA a Gap avec Paul Prudent ce samedi et dimanche.

 

Samedi matin prise en main rapide du CAP10 et hop dans le vif du sujet décrochages, vrilles, virages engagés, comment ressentir et prévenir ce qui va nous attends si nous ne réagissons pas a temps et dans le bon sens.

 

Une petite demie heure le matin autant l’après-midi (pour faire descendre les frites du repas pour celui qui a réussit a manger le midi)  le soir impressions entre nous et le président de notre fédé, Dominique Méreuze ; une nuit agitée, certain sont tombés du lit en rêvant a cette journée et pour finir le Dimanche matin, rebelote avant une pizza avec le président du comité régional Jean-Pierre Grené et madame.

 

Grand merci a Paul pour sa gentillesse et sa très grande compétence et surtout son savoir transmettre le sang-froid et le savoir faire pour se sortir d’une situation ou en ULM nous ne devrions pas nous trouver.

 

Un conseil, si un tel stage vous est proposés ,pas d’hésitation il faut le faire, et nous avons beaucoup a apprendre avec des personnages aussi simple que Paul Prudent, nous et surtout moi très petit pilote d’ULM, encore merci pour ces deux jours inoubliables.  

 

                                   Gérard de Cipières

 

Stage Mise en Garde des 21 & 22 janvier 2006

Sens dessus-dessous et inversement

 

Habitué à la position reposante d’observateur journaleux, c’est à mon corps défendant, poussé par les uns, tiré par les autres, qu’il a fallu m’inscrire à ce stage. Impressions.

Arrivé à un âge où le tumulte, le bruit, les positions inconfortables me rendent rapidement atrabilaire et grognon, c’est avec une appréhension certaine et des questions me paraissant légitimes, que je me suis rendu à Gap-Tallard pour participer « activement » à ce stage de deux jours. Pas de veine, la météo était idéale et il n’a pas été question une minute de le remettre aux calendes grecques. Bref !

Nous étions quatre impétrants dont trois enthousiastes et c’est avec un sens très marqué de la courtoisie que j’ai laissé passer devant moi ce trio d’inconscients, pour la première séance respective de 30 minutes. Ayant guetté avec inquiétude, au retour, leurs visages apparemment ravis, il a bien fallu, acculé, moins béat, que je m’exécute enfin.

Mon parachute étant avancé par des mains soi-disant cordiales, je l’ai endossé, sans trop savoir comment utiliser cet engin de dernier recours, sinon faire attention aux brêles passant à l’entre-cuisses, soucieux qu’au cas d’utilisation forcée, il serait désastreux que ma magnifique voix de ténor se muât définitivement, par cisaillement inopportun, en soprano coloratur

Bon. Installation laborieuse dans le cockpit. Petit amphi-cabine guidé par la voix reposante de l’éminent Paul Prudent, soucieux de transmettre, autant que faire se peut, une confiance qu’il était bien le seul de nous deux à éprouver. Freins de parking, contact, pompe, magnéto, démarreur, gaz… tout le fourbi pour mettre le 180 cv du Cap 10 en route et voilà…on roule, à allure de tortue fatiguée et zigzagante, sur le taxiway pour prendre la 21.

«  Bon ! allez, tu décolles… ». Ben tiens ! c’est la première fois que je décolle un « vrai » avion moi. Gaz à fond, progressivement…ah ! oui… train classique… faut pousser au manche et non pas le contraire…et puis…saperlipopette, ça godille dur ce foutu machin…je soupçonne fort que Paul soit en train de rectifier subrepticement mon pédalage béotien pour garder le capot en ligne ; encore heureux que mon 45 fillette n’actionne pas intempestivement les freins au pied.

Je ne regarde pratiquement aucun instrument, plus attentif au ressenti qu’aux paramètres. Bah…ça décolle enfin…en douceur…assiette de montée légère à 170 km/h…le vario avoisine le chiffre de 10…l’esprit brumeux, je n’ai aucune idée hic et nunc si ce sont des pieds/minutes ou des m/s…de toute manière, je m’en fous…ça vole bien et Paul me brandit devant le nez un pouce affirmatif. Il paraît qu’il faut atteindre 5500 ft QNH…ce que je m’applique à faire laborieusement.

Là…tout va bien…paysage magnifique, moteur ronronnant doucement, pas de tabasse…ouf ! je commence à retrouver les joies de voler. Pas très longtemps. Amicalement, mais fermement, Paul m’injoncte d’effectuer un décrochage. Bon ! gaz réduits, bille au centre, nez cabré…encore…encore…encore…j’ai l’impression d’être suspendu à l’hélice …et puis, bref buffeting…le nez plonge en douceur droit devant…je rends du manche…et voilà…bref coup d’œil sur mon instructeur…il a l’air satisfait…tout au moins j’aime à le croire. 

Les choses deviennent plus sérieuses. Il paraît qu’il faut que j’engage une vrille ventre…je ne sais pas comment faire ce truc…les yeux agrandis, les oreilles tous pavillons ouverts, j’entends les instructions de Paul, tâchant de les écouter… et surtout de les comprendre…re-procédure de décrochage…et juste avant le salut, j’entends qu’il faut botter fortement à gauche…boudiou…quelle bascule…je vois le sol défiler en tournoyant…un tour, un tour et demi…j’ai l’impression d’être une feuille de platane à l’automne…je ne sais si c’est Paul ou moi qui donne du palonnier à droite et garde le manche au neutre…miracle… le Cap 10 sort doucement de cette situation affolante, inhabituelle pour le moins…ouf !

«  bon ! c’est pas mal, tu recommences tout seul ce coup-ci ! » entends-je dans les écouteurs. Exécution. J’ai une nette tendance à donner du palonnier avant que l’avion ne décroche. Il paraît que c’est pas bien. Bon ! je comprends brusquement que pour que tout cela cesse, il va falloir contenter mon instructeur. Ce que je m’applique à faire la troisième fois. Ah ! ben tiens ! c’est pas mal ce coup-ci. Ca commence à devenir amusant.

Allez ! on passe à autre chose. Il faut faire un tonneau. Là, pas de problèmes, assiette cabrée à 30°, je gauchis à fond à gauche, autant que mon gros genou me le permette, ça tourne, le monde devient à l’envers un bref instant et je retrouve une assiette normale le temps d’après… et le monde dans le bon sens. Ca, ça me plaît bien. Allez ! je recommence. Super !

On passe à l’oreille. Gaz, assiette à cabrer, palonniers au neutre, gauchissement gauche et je vois le capot décrire une courbe élégante tandis que toute la machine tourne lentement autour de l’axe médian de l’aile. Grandiose. Je commence à m’amuser. Que ce Cap 10 est sécurisant et agréable à piloter. Paul me montre comment effectuer une boucle. Assiette à piquer léger, gaz réduits, on prend du badin, je tire doucement au manche, puis gaz à fond, manche au ventre, ça grimpe sec, je perds mon repère horizon, passage dos, je retrouve l’horizon mais à l’envers, assiette à piquer, je rends du manche….aïe ! trop ! le badin s’affole…270 km/h…on va passer dans le rouge…et l’accéléromètre flirte avec le chiffre 4, je sens Paul qui rectifie…ouf ! Explication sur la faute commise ! Compris ! on recommence…pas de problème…en fait, il faut être harmonieux au manche et accompagner la machine plutôt que de la forcer…allez ! encore un, tout seul, pour le fun. Suit un exercice de décrochage sur une aile, situation que l’on pourrait retrouver en dernier virage courant…brrr….pas très sympa cet exercice…je ferais attention désormais à ne pas effectuer une étape de base trop longue de manière à ne jamais me trouver dans une telle configuration.

Et Paul décide que pour la première séance, ça ira. A moi de réfléchir à tout ça, de tout refaire mentalement. Nous retournons tranquillement vers la piste, passant Sierra et Sierra Unité, direction en finale sur la 03. Le Cap 10 se pose tout doucement, pas de « dur » redouté, mais bon ! dès que la roulette de queue touche, les galères de godille recommencent. Paul reprend le contrôle du roulage. C’est mieux ainsi. Cette séance aura duré 28 minutes et je me sens fatigué.

Durant ce week-end suivront deux autres séances quasi-identiques, avec une prise de confiance grandissante, au point d’envisager, à la dernière séance -que Paul laisse à peu près libre à condition de lui annoncer ce que l’on va faire- de pouvoir enchaîner les figures, mais bon ! je sens aussi que cette trop grande confiance pourrait commencer à devenir dangereuse, je m’abstiens donc. Paul me dit de faire un tonneau sur la route du retour…mmmm…à 3000 ft QNH, je lui fais confiance…bon ! ça se passe bien. Et, enthousiaste j’envisage déjà de faire un autre stage de mise en garde dans le courant de l’année. C’est très, très instructif et je me sentirais désormais plus à l’aise dans mon Jet Ranger.

Un grand merci à Paul, sa compétence et son sens aigu de la pédagogie. Sa conclusion à mon encontre, même si elle me paraît usurpée : « tu te débrouilles très bien », donne suffisamment confiance au point d’imaginer que l’on soit miraculeusement passé de piètre à bon pilote par la magie de savoir effectuer quelques figures classiques de voltige.

Merci également à mes collègues Guy, Christian et Gégé dont la retenue de sarcasmes et de moqueries ont grandement contribué à mon bien-être personnel. Au président Grené et Monique pour être passés s’inquiéter de nous. Ce week-end fut parfait. On recommence quand ?

Cinquesse

 

Troisième stage de "Mise en Garde"