Le danger vient de l'intérieur !

 

La visite du salon de Blois et surtout les discussions que j'ai pu avoir avec les commerciaux de certains importateurs m'ont laissé un goût amer et me font peur pour l'avenir de notre mouvement.

 

C'est pourquoi je tiens à remettre les choses à leur place :

 

Il est évident que le marché s'oriente vers des machines 3 axes de plus en plus évoluées et performantes se rapprochant des avions, si ce n'est en les dépassant, mais à des prix pas toujours compatibles avec le portefeuille de l'ulmiste moyen. Par contre, il est évident que pour un distributeur la marge sera d'autant meilleure que l'appareil coûtera cher, il est plus intéressant pour lui de vendre un ULM à 100 000 € que deux Sky Ranger 582.

 

Cette tendance est renforcée par l'arrivée massive dans le monde ULM de pilotes Avion dégoûtés par les contraintes de l'aviation légère et qui souhaiteraient retrouver dans l'ULM leurs habitudes passées. Cette population est bien souvent plus argentée que les ulmistes et ne rechigne pas devant le prix d'un ULM "haut de gamme" d'autant plus que leur formation est déjà faite et que leur expérience aéronautique leur permet de s'intéresser à ce type d'ULM.

 

Tant que l'ULM "haut de gamme" reste un "vrai ULM", (j'entends par là une masse à vide largement dans les "clous", et une distance d'atterrissage suffisamment courte permettant d'espérer qu'une "vache" en campagne ne se transforme pas à coup sur en accident grave) je ne peux que me réjouir de voir de telles machines, cela prouve que les constructeurs, à force d'imagination et de recherche ont su faire ce qui, hier, semblait impossible.

 

Soit dit en passant : je suis heureux de constater que les quelques constructeurs français qui restent, ont tous, fait cet effort et de plus, leurs produits ont été contrôlés par la DGAC.

 

Je résumerais le dialogue que j'ai pu avoir avec certains importateurs peu scrupuleux (heureusement ils ne le sont pas tous), au demeurant, commercialisant de très belles et performantes machines.

 

Après les questions d'usage, celle qui fâche :

 

Quel est le poids à vide de votre machine ?             280 Kg

Oui mais celle qui est exposée ?                    Celle là 300 Kg

D’où vient cette différence ?             C'est les équipements : la radio, le transpondeur,                                                    le parachute, etc..

……….

Ne craignez-vous pas que dans ces conditions l'utilisateur soit toujours au-delà du poids en charge autorisé 450Kg (472,5Kg avec parachute) et qu'en cas d'accident son assurance ne le couvre pas ?

Il vaut mieux une machine un peu lourde mais qui soit solide et ne casse pas en vol. De toute façon la norme ULM devrait être au moins 500Kg comme dans les autres pays.

………..

 

Ce qu'il ne fallait pas dire (j'espère que c'est par ignorance) ! Si ce vendeur argumente devant un ulmiste averti, ce dernier est suffisamment informé pour savoir ce qu'il doit faire. Par contre, certains anciens "avionneux" se tournant vers l'ULM seront contents d'entendre un tel langage et prêts à y adhérer. Une remarque en passant : le poids n'est en aucun cas un gage de robustesse, bien au contraire, les moments d'inertie lui sont proportionnels et, qu'est ce qui compte en turbulence, c'est d'avoir le moins d'inertie possible et également en cas de contact brutal avec la planète.

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Si la norme ULM passait à 500 Kg comme vous semblez le souhaiter il est évident que le mouvement ULM tout entier subirait de nombreuses contraintes, vous voulez réinventer l'aviation légère qui est mourante justement à cause de ces contraintes.

Il n'y a pas de risque car l'ULM est exclus du domaine de compétence de l'EASA.

 

Là c'en est trop ! Il ne faut pas raconter n'importe quoi, mais quelle irresponsabilité, j'espère seulement que c'est par manque de connaissance et non pas par volontariat ! (Nous avons pourtant à faire à des professionnels et des spécialistes de l'ULM…)

 

Remettons les pendules à l'heure : Il est vrai que l'ULM est exclu du domaine de compétence de l'EASA* et dépend uniquement de notre DGAC nationale, mais seulement dans sa définition actuelle. S'il devait migrer vers une classe à 500Kg, il passerait alors dans le domaine de compétence de l'EASA avec toutes les contraintes européennes lourdes et coûteuses qui s'y rattacheraient.

 

ULMISTES INFORMEZ-VOUS.

Ne prenez pas pour argent comptant ce que vous avez envie d'entendre.

Votre Fédération est là pour défendre vos intérêts et elle s'y emploie avec ardeur et efficacité.

Ne lui rendez pas la tâche encore plus difficile en écoutant et amplifiant le "champ des sirènes".

Pour les sceptiques : extrait du texte officiel site Internet fédéral http://www.ffplum.com

Voir également ULM Info N°49 page 11.

 
Réglementation Européenne et EASA (06/01/05)

 

Vous pourrez prendre connaissance ci-après des commentaires de l'EASA et ses propositions de modification - prenant en compte nos demandes réitérées depuis plusieurs mois - de l'Annexe II du règlement européen 1592/2002 (en français ! merci à notre fidèle adhérent B. Taddei pour son travail de traduction).

 

 Rappelons que dans le processus d'adoption de ce texte de règlement européen, l'EASA émet des propositions qui sont transmises à la Commission Européenne, laquelle les soumet ensuite pour approbation au Parlement Européen de Strasbourg.

Ces propositions vont tout à fait dans le sens que nous souhaitons, elles devraient nous permettre de conserver notre réglementation ULM actuelle, avec la perspective de convaincre notre administration de créer une classe 'Hélicoptères ULM' désormais possible. Il reste à traiter le problème des ballons motorisés, absents de ces propositions de modification de l'Annexe II.

On retiendra tout particulièrement de ces propositions que resteraient exclus du domaine de compétence de l'EASA, et donc dépendraient exclusivement des réglementations nationales :

Les avions, hélicoptères et parachutes motorisés de 2 sièges maximum, ayant une vitesse de décrochage n'excédant pas 35 Kt et :

  • de moins de 300 Kg de masse au décollage pour les monoplaces (315 Kg si équipés de parachutes de secours)
  • de moins de 450 Kg de masse au décollage pour les biplaces (472,5 Kg si équipés de parachutes de secours)
  • de moins de 330 Kg de masse au décollage pour les hydros monoplaces et 495 Kg pour les hydros biplaces
  • de moins de 560 Kg de masse au décollage pour les autogires monoplaces et biplaces. Il est à noter cependant qu'en France la définition ULM des Autogires ne devrait pas changer (elle resterait identique à la définition des ULM pendulaires et multiaxes, en ce qui concerne les masses maxi au décollage).

 

 

                  Jean-Pierre GRENÉ

Président du Comité Régional ULM PACA

 

 

* EASA :  EUROPEEN AVIATION SAFETY AGENCY